FRAGMENTS ET SOLITUDE

de FATMI Mounir

MAROC, FRANCE, 1999, 00:19:06

Production : FATMI Mounir
Collection : @ucune
Genre : Art vidéo
Mots-clés : Communication, Mémoire, Parole, Relation

Résumé :
Cà commence comme un film de vacances, comme quand on joue avec la caméra pour rien, pour les petites choses, un insecte, le vent, un regard, des petits mots, des mots « comme les restes d’un repas ».

Et puis dans une librairie, un vieil homme aux yeux clairs, autour duquel on se presse. Paul Bowles, absent présent, sans un mot, sourit. Paul Bowles, étranger, familier, fragile aujourd’hui, lui, à la dureté légendaire, perdu, solitaire comme il le fut enfant, entre la musique et les mots. "Je veux des mots qui accueillent l’étranger dans son pays d’exil, des mots qui reviennent de l’exil, des mots qui ressemblent à cet extraordinaire étranger » entend –on dans un murmure. De longs travellings méditatifs emportent vers la route, celle d’une autre terre, celle de l’exil, celle du retour …

Fragments et solitude parle des mots, des mots « dits », des « mots tus », dans le regard du père, des mots « écrits » en ces phrases poétiques qui ponctuent un parcours, interrogent l’histoire, « au rythme du souvenir, de la réflexion, suspendues à une incertitude méthodique, à une subjectivité provisoire. »*

Cà pourrait être un film de vacances en famille. Sous l’œil de la caméra, des enfants jouent, des femmes font la lessive sur les toits-terrasses ou battent des tapis.

Fragments et solitude parle de l’échec des mots, des liens rompus, de l’impossible coïncidence avec le soi que l’on poursuit, elle nous dit l’indépassable horizon de mon île et l’écueil de l’incommunicabilité, de la conscience aigüe qu’être avec n’est pas être ensemble, que parler n’est pas dialoguer.
"Tous les fragments du monde ne formeront qu’un seul mot. Tous les mots du monde ne peuvent parler de solitude. » Et si, dans leur tentative pour apprivoiser le réel, les mots dérobaient ces « mille nuances fugitives et les milles résonances profondes »** de l’individualité ?

Alors Fragments et solitude parle de la difficulté de devenir soi, de là d’où on vient et là où on va, d’une lutte entre « l’abdication d’une identité reçue et la construction, après avoir fait table rase de cette identité, d’une subjectivité neuve. Cette dialectique de la solitude met en rapport un sentiment d’être piégé et une farouche détermination à créer un sujet viable "pour vivre dans des sens et des corps [et des images] qui ont une chance dans un futur" (Haraway 1991, p 187). »*

Marie  Deparis, Paris 2007

 *Tarek El Haïk- « Fragments et solitude » à propos de l’œuvre vidéo de Mounir Fatmi - texte paru sous le titre "Intoducing the video work of Mounir Fatmi" dans Frameworks, n°43, 2002, New-York - Tarek El Haik a été co-conservateur pour le Festival du Film Arabe de San Francisco de 1998 à 2000 et conservateur au Centre d’Etudes du Moyen-Orient de l’université de Berkeley, Californie de 2000 à 2002. Il a enseigné le Cinéma Arabe à l’université d’Etat de San Francisco, et fait actuellement un doctorat en anthropologie socioculturelle à l’université de Berkeley.
**Henri Bergson – Le rire – P 156- PUF Coll Quadrige - 1995

Type : vidéo
Format : 4/3
Chromie : Couleur
Version(s) disponible(s) : Verson originale française et version originale française sous titrée en anglais

Location : 120 euros    (mise à disposition temporaire de copie)

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